Les leaders mondiaux de la santé et des affaires annoncent un effort de 36 mois pour intensifier les mesures de contrôle du paludisme en Afrique
Une étude affirme que 3, 5 millions de vies pourraient être sauvées en 5 ans
Communiquées de presse
Davos, Suisse - 25 janvier 2008: 3.5 millions de vies pourraient être sauvées dans les 5 prochaines années suite à une rapide mise à l'échelle des programmes de prévention et des mesures de traitements dans les 30 pays les plus touchés en Afrique, selon un nouveau rapport publié aujourd'hui au Forum économique mondial de Davos. De plus, une rapide mise à l'échelle permettrait d'augmenter en Afrique la production économique annuelle jusqu'à 30 milliards US$, de prévenir 672 millions de cas de paludisme et de libérer ainsi 472.000 lits d'hôpitaux au cours des 5 prochaines années.
"Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre : Le modèle économique pour une rapide mise à l'échelle de la lutte contre le paludisme en Afrique" a été préparé par Malaria No More et par McKinsey & Company au nom du partenariat mondial Faire reculer le paludisme (RBM). En fournissant des données précises dans le contexte d'une analyse économique rigoureuse, le rapport a démontré de manière convaincante les raisons économiques et humanitaires d'élargir l'accès à des outils de prévention comme les moustiquaires imprégnées d'insecticide longue durée, les médicaments essentiels et les pulvérisations d'insecticides ciblées.
Les dépenses actuelles pour la lutte contre le paludisme en Afrique est d'environ 1 milliard US$ par an. Le rapport publié par "Malaria No more" et "McKinsey & Company" estime que la prévention et les mesures de traitement pourraient être mises à l'échelle dans 30 pays africains (lesquels représentent environ 90 % des décès dus au paludisme) pour un total de 2.2 milliards US$ par an pour les cinq prochaines années. Cet investissement atteignable et justifié, produirait des résultats très largement supérieurs à ceux qui seraient obtenus en cas de statu quo, a conclu le rapport.
Les études de terrain montrent que les niveaux de couverture augmentent et que les taux d'infections chutent plus rapidement, en améliorant ainsi le retour sur l'investissement. En comparaison avec les projections de croissance de la couverture actuelle, un effort rapide de mise à l'échelle permettrait de sauver 2 à 3 millions de vies supplémentaires, d'éviter 430 millions de nouveaux cas et de générer 20 milliards US$ supplémentaires de PIB dans les 5 ans. Ces efforts engendreraient en outre un meilleur rapport coût-efficacité et pourraient sauver deux fois plus de vies pour chaque million de dollars dépensé.
"Nous disposons des outils pour stopper cette maladie meurtrière. Nous savons ce qui fonctionne, car nous avons réussi à combattre le paludisme dans d'autres pays" a déclaré Rajat Gupta, Président du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, (l'organisme de financement principal dans la lutte contre le paludisme). "Ce rapport démontre que nous pouvons sauver des millions de vies et faire des progrès extraordinaires dans la mise en déroute du paludisme au cours des cinq prochaines années".
A la lumière de ces conclusions, les leaders de la lutte contre le paludisme, Mr Gupta, Rober Zoellick, Président de la Banque mondiale, Ann Veneman, Directrice exécutif de l'UNICEF, Pr Awa Marie Coll-Seck, Directrice exécutive du partenariat "Faire reculer le paludisme" se sont réunis ce jour à Davos pour annoncer le déploiement d'un effort d'une durée de 36 mois pour réaliser une mise à l'échelle des programmes de contrôle du paludisme en Afrique Sub-saharienne.
Cet effort accéléré sera piloté par l'équipe d'appui RBM (MIST) qui combinera les meilleures pratiques de santé publique avec les meilleures idées du secteur privé. En collaborant avec le "MIST", les partenaires soutiendront les pays endémiques à réaliser leur plans stratégiques pour une mise à l'échelle, coordonner l'assistance technique, promouvoir les économies d'échelle, faire le lien entre, d'une part, les investissements du secteur privé et, d'autre part, le planning stratégique et l'implémentation par le recours à des financements innovants comme des lignes de crédit ou des achats groupés.
"Je suis heureuse de constater que le secteur privé joue un rôle si actif en réalisant des investissements pour permettre de lutter contre le paludisme aujourd'hui" a déclaré le Pr Awa Marie Coll–Seck, Directrice exécutive du Partenariat "Faire reculer le paludisme." Avec la mise en œuvre de ces efforts, le partenariat réaffirme son engagement visant à mettre fin à court terme aux décès causés par le paludisme et à préparer l'éradication durable du paludisme de cette planète" a-t-elle ajoutée.
Le paludisme représente un lourd fardeau économique et humain, particulièrement en Afrique. Malgré le fait que cette maladie ait pu être éliminée aux États Unis et dans les nations développées, elle continue à tuer un million de personne dans le monde chaque année. La plupart de ses victimes sont des enfants et des femmes enceintes qui se trouvent en Afrique Sub-saharienne. Un enfant meurt toutes les 30 secondes du paludisme: 3000 enfants par jour. Le paludisme coûte également des milliards de dollars en frais de santé et en productivité perdue chaque année en Afrique, piégeant ainsi des centaines de millions de personnes dans un cycle d'extrême pauvreté et de maladies persistantes.
Soutenues par des financements étendus, des mesures de prévention du paludisme sont déjà disponible aux pays africains en vue de drastiquement réduire, en l'espace de quelques années, les cas de paludisme et les décès qui y sont liés. En Erythrée, les décès dus au paludisme ont chuté de 85 % depuis 1999. L'Ethiopie a distribué près de 20 millions de moustiquaires au cours des trois dernières années, permettant ainsi de faire progresser le taux de couverture par moustiquaires de 5 % à 100 % aujourd'hui. Des résultats similaires ont été démontrés en Zambie, au Mali, au Kenya, en Afrique du sud et à Zanzibar.
"Nous faisons de bons progrès, mais c'est l'heure de redoubler d'efforts par une rapide mise à l'échelle" a déclaré Raymond G. Chambers, le Co-Président de "Malaria No More". "Nous perdons au moins 3000 enfants de plus chaque jour nous tardons à agir. Nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre."
A propos du rapport
Le rapport de Malaria No More/McKinsey & Company a été rédigé à partir d'une consultation de plus de 30 experts issus de partenaires internationaux qui luttent contre le paludisme, incluant l'Organisation Mondiale de la Santé, le Fonds mondial, La banque mondiale, l'UNICEF, USAID, la fondation Bill & Melinda Gates et une série d'organisations académiques et de la société civile. Les projections et les estimations de coûts sont basées sur une approche d'intervention (qui inclut prévention, traitement et appui) validée par des experts techniques à l'OMS et dans de nombreuses organisations. Elles sont la conséquence d ‘une approche utilisée dans de récentes estimations de l'OMS. Ces estimations ont été calculées à partir d'une révision étendue de données disponibles dans les pays concernés (exemples de cas concrets et rapports académiques) et ont été validées par notre panel d'experts.
A propos de Malaria No More
La mission de "Malaria No More" est simple : mettre un terme aux décès dus au paludisme. « Malaria no more » s'emploie à attirer l'attention du public, des décideurs politiques et économiques sur le paludisme. Elle encourage également le secteur privé à fournir des moustiquaires et d'autres moyens d'intervention nécessaires aux familles en Afrique.
A propos du partenariat Faire reculer le paludisme
Le partenariat « Faire reculer le paludisme » a été fondé en 1998 par l'Organisation mondiale de la santé, l'UNICEF, le PNUD et la Banque mondiale en vue de coordonner la lutte mondiale contre le paludisme.
Le partenariat réunit les gouvernements des pays affectés par le paludisme, leurs partenaires bilatéraux et multilatéraux, le secteur privé, des organisations non-gouvernementales et communautaires, des fondations, des instituts de recherche et des établissements universitaires, dans un seul et même but : réduire de moitié le fardeau mondial que représente le paludisme d'ici à 2010.
