Le Sénégal obtient des résultats marquants dans la lutte contre le paludisme
Selon un nouveau rapport, le succès du Sénégal représente un nouvel espoir pour la lutte contre le paludisme en Afrique de l'Ouest
Communiqué de presse
DAKAR, Sénégal, le 4 novembre 2010 - D'après le rapport Focus sur le Sénégal, publié ce jour par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) dans le cadre de la collection Progrès et Impact du Partenariat mondial RBM (Roll Back Malaria, Faire reculer le paludisme), les efforts de lutte contre le paludisme déployés par le Sénégal ont permis au pays de réduire de façon significative la morbidité et mortalité dues au paludisme.
Le Ministre sénégalais de la Santé, l'Honorable Modou Diagne Fada, résume ainsi l'ampleur des résultats: "Dans le nord du Sénégal, le paludisme pourrait disparaître au cours des prochaines années. Certains districts ont en effet déjà atteint cet objectif ambitieux, puisque l'on y recense moins d'un cas de paludisme pour mille personnes à risque. C'est la première fois que notre pays obtient des résultats de cette envergure, qui nous laissent entrevoir l'élimination du paludisme."
"Avec ces progrès, le Sénégal rejoint l'Eritrée, l'Ethiopie, le Rwanda, et la Zambie, qui eux aussi ont réduit de façon significative leur fardeau de paludisme. Les expériences de ces pays confirment qu'une volonté politique forte, un financement adéquat et prévisible, une action programmatique fondée sur des preuves scientifiques et un effort multisectoriel bien coordonné sont les clés du succès" a déclaré le Professeur Awa Marie Coll-Seck, Directrice exécutive du Partenariat RBM, lors d'une conférence de presse tenue à Dakar.
Grâce à une solide équipe nationale, l'assistance technique de partenaires RBM et un financement considérable alloué par des bailleurs de fonds externes – essentiellement l'Initiative du Président américain contre le paludisme et le Fonds mondial – le Sénégal est parvenu à réduire de 41 % le nombre de cas de paludisme en une seule année, passant ainsi de 300 000 en 2008 à 175 000 en 2009. Le taux de mortalité des enfants, toutes causes confondues, a reculé de 30 % entre 2005 et début 2009. Cette réduction est associée en grande partie aux mesures de lutte contre le paludisme.
Ces résultats spectaculaires ont été obtenus grâce aux stratégies éprouvées sur lesquelles repose le Plan mondial de lutte contre le paludisme du Partenariat RBM : la prévention associée à un diagnostic et à un traitement optimisés, assurés à l'aide de moustiquaires imprégnées d'insecticide, de pulvérisations intradomiciliaires (consistant en l'application de petites quantités d'insecticide sur les murs intérieurs pour tuer et éloigner les moustiques), de traitements préventifs administrés aux femmes enceintes, de tests de diagnostic rapide, et de combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine.
" Ces mesures de lutte ne sont pas nouvelles ; c'est leur portée qui a changé. Les financements dont nous avons bénéficié, à savoir 130 millions de dollars sur cinq ans, nous ont permis d'étendre la couverture de ces interventions, ce qui a pu avoir un impact considérable", a expliqué le Dr. Pape Moussa Thior, coordinateur du Programme national de lutte contre le paludisme du Sénégal. " S'il est reproduit à une échelle similaire dans l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest, ce modèle éprouvé de lutte contre le paludisme pourrait donner lieu à des réussites similaires dans toute la région", a-t-il ajouté. La couverture des différentes mesures de lutte contre le paludisme a été considérablement étendue au cours des cinq dernières années, dans les 14 régions du Sénégal. À titre d'exemple, 6 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide ont été distribuées dans le pays entre 2005 et 2010, et 82 % des foyers en possèdent au moins une aujourd'hui. Les pourcentages d'enfants et de femmes enceintes, particulièrement vulnérables à la maladie, dormant sous une moustiquaire ont grimpé de 40 % en une seule année. Les campagnes de couverture universelle ont été menées à bien dans 4 des 14 régions du pays.
D'après un modèle d'estimation – le Lives Saved Tool – cité dans le rapport, les moustiquaires imprégnées d'insecticide et le traitement préventif intermittent administré aux femmes enceintes auraient permis de sauver quelque 26 800 enfants depuis 2001. Comme ce chiffre ne prend pas en compte l'impact des autres interventions de lutte contre le paludisme, telles que les pulvérisations à effet rémanent ou l'utilisation des combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine, on pourrait estimer que le nombre d'enfants épargnés est encore plus important.
Le Sénégal réussit de plus en plus à mettre les interventions de lutte contre le paludisme à la disposition de ses populations à risque—même celles qui vivent dans des zones isolées. Dans le cadre de la PECADOM, (la prise en charge à domicile) qui est un programme de soins à domicile, des volontaires formés de la communauté procèdent à des tests diagnostiques et administrent un traitement, si nécessaire, sans aucun frais pour le patient. En 2009, 97 % des patients examinés par des membres du personnel de soins à domicile ayant reçu un diagnostic de paludisme ont été traités au sein de leur communauté (c'est-à-dire sans être dirigés vers le niveau suivant du système de santé). Le taux de guérison était alors de 100 %.
Le Sénégal a mis en place maintes stratégies innovantes pour sensibiliser le grand public au problème du paludisme, impliquant les célébrités et footballeurs nationaux, les chefs religieux, le secteur privé et les organisations non-gouvernementales et communautaires. Par exemple, Youssou N'Dour, artiste de renommée internationale et ambassadeur de bonne volonté pour l'UNICEF et le Partenariat RBM, a lancé une campagne d'information et d'éducation pour intensifier les messages de prévention du paludisme. Utilisant plusieurs canaux de communication comme un concours de chant, le réseau des agents de santé communautaires, la mobilisation de la société civile et la diffusion de messages de prévention sur les chaines de radio nationales, cette initiative a eu un impact démontrable.
L'importance de la recherche scientifique et opérationnelle est également mise en évidence. Grâce à l'interaction étroite entre le PNLP et les centres hospitalo-universitaires et les instituts de recherche, les actions programmatiques du PNLP sont guidées par les résultats de la recherche ; l'impact et l'efficacité des programmes en sont maximisés. En outre, ces partenariats permettent à des médecins et à des techniciens de la santé de bénéficier de formations sur le paludisme.
Malgré des perspectives d'avenir favorables pour la lutte contre le paludisme, les niveaux de financement doivent rester adéquats, au risque d'assister à une recrudescence des cas. Le Dr Alimata Jeanne Diarra- Nama, représentante de l'OMS au Sénégal et chef de file des partenaires du secteur de la santé, invoque la nécessité d'une mobilisation accrue et prolongée: "Il faut intensifier les efforts financiers et humains. Tout ralentissement du financement constituera un obstacle à la pérennisation des résultats obtenus". Les années à venir seront décisives pour le Sénégal. Elles offriront au pays une opportunité de faire reculer le paludisme, pour la première fois de manière aussi prononcée. Le Sénégal pourrait alors servir d'exemple à de nombreux programmes nationaux de lutte contre le paludisme et éventuellement ouvrir la voie à l'élimination du paludisme dans la région.
En bref : la couverture des mesures de lutte contre le paludisme au Sénégal
- 6 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide ont été distribuées entre 2005 et 2010 ; 82 % des foyers en possèdent au moins une aujourd'hui .
- Dans les foyers, 300 000 pièces ont été traitées par pulvérisation intradomicilaire à effet rémanent,— application de petites quantités d'insecticide sur les murs intérieurs pour tuer et éloigner les moustiquaires vecteurs du paludisme.
- 52 % des femmes enceintes reçoivent un traitement préventif contre le paludisme ("traitement préventif intermittent") – ce pourcentage est quatre fois supérieur à celui de 2005.
- En 2009, 86 % des personnes potentiellement atteintes de paludisme ont subi un test de diagnostique rapide qui permet de garantir l'administration rapide d'un traitement antipaludique (lorsque le diagnostic est positif) et un nouveau diagnostic plus poussé en cas de test négatif .
- Les combinaisons 'association thérapeutiques à base d'artémisinine, les traitements antipaludiques les plus efficaces, sont désormais disponibles dans l'ensemble du pays ; plus de 1,5 million de traitements ont été administrés.
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Malaria is a preventable and curable infectious disease transmitted by mosquitoes. It kills nearly one million people each year, primarily in sub-Saharan Africa, where malaria is the leading cause of death for children under five.
Because malaria is a global emergency which mostly affects poor women and children, it perpetuates a vicious cycle of poverty in developing countries. Malaria-related illnesses and mortality cost Africa's economy US$12 billion per year.
Malaria can now be prevented, diagnosed and treated using a combination of tools. However, worldwide estimates show that US$4.2 billion is required each year to fully finance malaria control.
The Roll Back Malaria (RBM) Partnership is the global framework for malaria control coordination. It offers a neutral platform which promotes consensus and helps develop solutions to the problems faced during the implementation of malaria control interventions and strategies. This public-private partnership encourages the incubation of new ideas and lends support to innovative approaches.
The RBM Partnership promotes high-level political commitment and strives to make malaria the sustained focus of worldwide attention by supporting, harmonizing and intensifying the advocacy initiatives launched by its partners. Created by UNICEF, WHO, the World Bank and the UNDP, this partnership benefits from the expertise, resources and commitment of more than 500 partner organizations. It provides countries with a policy guidance as well as technical and financial support for their malaria control effort, and monitors the progress achieved in relation to global objectives.


